Les Simon En Australie | |
premier bilan... et le début de la suite !Notre étape Canberraise, aussi faible en intérêt soit-elle, était la dernière... L'heure de rendre le camping car approchant à grands pas, nous nous redirigeons vers Sydney. A vrai dire, il nous reste 4 jours avant de rendre le camping car, mais nous avons fait trop de kilomètres les derniers temps pour avoir envie de faire une boucle supplémentaire pendant ces 4 jours. Nous nous installons donc dans un camping au nord de Sydney pour les derniers jours, et nous profitons d'un moment de repos bien mérité (croyez-le si vous voulez, on est moulus, fatigués du trajet et des contingences du camping car).
Nous en profitons pour faire un bilan de ce trajet, puisque la première partie de notre installation en Australie s'arrête avec la restitution du camping car : maintenant que nous connaissons l'Australie mieux que bien des Australiens, il est temps de nous installer pour de vrai et de nous fondre dans la masse.
Quelques chiffres clés sur notre voyage :
Notre sentiment à la restitution est mitigé... D'un côté, la perspective de dormir dans un vrai lit est engageante. D'un autre côté, c'est un vrai moment de bonheur que nous venons de passer, difficile de le laisser partir comme ça. Le loueur est assez sympa pour me laisser un petit cadeau en partant : une contravention pour excès de vitesse qui leur est arrivée par la poste. Je ne l'oublierai pas, merci mon pote.
Dans l'ensemble, voilà ce qui ne devrait pas nous manquer :
Mais, en même temps, nous garderons un souvenir assez impérissable des paysages dont on a pu se gaver pendant ces mêmes heures interminables, de tous les visages de l'Australie que nous avons vus... et, surtout, des moments uniques que nous avons passés en famille. Ça n'a pas toujours été facile, surtout pour (et avec) les enfants, qui, au fond, mériteraient bien des copains de leur âge plutôt qu'un grand dadet qui raconte des bêtises à longueur de temps, ou d'une rigolote qui ne voudrait pas habiter là où eux aimeraient bien, mais on a passé des moments formidables, des éclats de rires par centaines avec les enfants, des moments émouvants même, en voyant des dauphins, des kangourous ou des koalas en pleine nature... On se souviendra aussi de cette ouverture constante, le bonheur de pouvoir choisir chaque jour de quoi demain sera fait, en sachant qu'on fera peut-être totalement autre chose si on trouve mieux, de cette légèreté qu'on ressent à n'avoir aucune contrainte et à aller où on veut, comme on veut. On a du laisser dans le camping car, bien caché au fond d'un tiroir, quelques pages de ces cahiers d'écolier où Eluard écrivait ton nom, Liberté.
Et puis il faut passer à autre chose, et notre planning des prochains jours est en fait assez chargé : Nous récupérons un appartement pour une dizaine de jours au moment même où nous rendons le camping car... Nous récupérons aussi une voiture de location. Après 2 mois à conduire un camping car, je n'en reviens pas de la puissance et de la reprise de notre hyundai getz. J'ai l'impression de conduire un kart tellement je suis près de la route et tellement les 4x4 que je regardais de haut ont les pares-buffles au niveau de mes gencives... La première nuit dans l'appartement nous fait presque bizarre : les enfants n'arrivent pas à s'endormir parce qu'ils n'ont plus l'habitude d'être tous seuls dans leur chambre ; le frigo fait un bruit de chasse d'eau... mais qu'est-ce que le lit est agréable ! Inutile de préciser qu'il restera défait pendant 10 jours, moi je ne m'approche pas de ça ! Et comme notre voyage menaçait de s'arrêter de manière un peu abrupte, on a décidé de prolonger un peu... on pensait à la Nouvelle-Zélande, mais un lecture approfondie des guides touristiques nous prouve que ce n'est pas une excellente idée : pour bien visiter la Nouvelle-Zélande, il faut rouler 4 à 6 heures par jour pendant 15 jours... Sauf à vouloir devenir fous dans nos têtes parce que les enfants craquent, il nous faut changer notre fusil d'épaule... et nous avons donc réservé une croisière pour la Nouvelle Calédonie pour 10 jours, dans un de ces énormes bateaux avec plusieurs piscines, et, SURTOUT, des repas qu'on ne prépare pas soi-même. Difficile de faire des plans sur la commette, mais je vois difficilement comment ça pourrait être moins que fabuleux. En tous cas, à condition qu'on ait un peu de beau temps. Bref, on profite des plus longues vacances de notre vie (à ce jour, je veux dire, le records sont faits pour être battus...) pour faire plein de choses qu'on n'a pas encore pu tester... et, pour l'instant, c'est assez génial !
Il nous reste donc à profiter pleinement de ces 10 jours avant la croisière pour faire le maximum pour notre installation : trouver une maison, une voiture, meubler la maison, etc... Nos premières démarches immobilières nous ont vite mis au parfum : la moitié des agences avouent sans honte n'avoir pas eu une seule maison à louer depuis plusieurs mois, et ceux qui ont quelque chose disent que ça part en moins d'une semaine... Par ailleurs, les tarifs me confirment qu'il va me falloir trouver un bon poste... Un appartement pourri, pas trop mal placé, avec 2 chambres, coûte approximativement 600 dollars (300 euros, en prenant le taux d'aujourd'hui, 450 euros en prenant le taux d'avant la crise économique)... par SEMAINE ! On nous avait prévenus que les loyers seraient exorbitants, je suis là pour vous le confirmer. Ici, le système fait que les visites sont annoncées dans le journal, genre « tel appartement sera visitable mercredi de 11h à 11h15 ». Et ceux qui sont intéressés y vont et déposent un dossier, indiquant leur employeur, leurs revenus, le numéro de téléphone du propriétaire de leur location actuelle, pour vérifier qu'ils payent bien leurs loyers, etc... Autant de cases que nous sommes incapables de remplir.
Bref, pris entre les loyers chers, manque de références valides et le manque de maison, nous réalisons qu'il va falloir ne pas trop trainer si on ne veut pas dormir sous le pont de Sydney... et nous commençons les visites tambour battant. Il faut toujours croire en son étoile, finalement. L'un des agents, avec qui nous discutons au détour d'une visite d'un taudis à 600 dollars, nous dit qu'elle a une autre maison en stock, un peu plus loin, qui pourrait nous plaire. Nous la visitons illico avec elle, et, force est de croire que le coup de foudre immobilier existe. Nous avons trouvé notre bonheur avec cette maison avec 3 chambres, un salon sympa, très clair et très moderne, un jardin sympa, et une pièce en plus qui peut servir de bureau et de chambre d'amis. Le loyer est dans les prix du marché (750$ par semaine... ça fait quand même mal au bide... il faut que je me dépêche de trouver un travail !), et, surtout, les propriétaires, que nous croisons rapidement, partent tenter l'aventure aux USA... ils sont donc dans une situation similaire à la notre, et comprennent notre manque de références sans faire d'histoire... Si bien que nous sommes maintenant locataires de cette maison à compter de notre retour de croisière. Tout ça en moins d'une journée, dans un marché immobilier moribond. Il faut croire en son étoile, je vous dis.
Du coup, il ne nous reste plus grand chose à faire avant de repartir : trouver une voiture (facile), trouver quelques meubles pour la maison et s'arranger pour qu'ils soient livrés le 10 décembre, jour où nous rentrons dans la maison. Facile aussi. Et profiter de la vie. Ça, on commence à savoir faire, et c'est plutôt agréable... Publié à 09:23, le 21/11/2008, Sydney Mots clefs : Un grand rien au milieu d'un grand tout."L'âme d'une ville se mesure à l'importance de son histoire". Je ne sais plus très bien si cette maxime est de Marcel Aimé ou de moi. Quoiqu'il en soit, Canberra reflète parfaitement cette relation bijective de l'histoire d'une ville à son esprit. Et Canberra a une histoire particulièrement remarquable, puisqu'elle n'en a aucune. La ville a été créée il y a moins d'un siècle à partir de rien dans le seul but de servir de capitale au pays naissant, l'Australie. Melbourne et Sydney se disputant le titre, et les états ayant du mal à s'entendre, on a fini par trancher et choisir un lieu neutre entre les 2, et y implanter une ville. Un grand concours international a été lancé pour tracer l'ergonomie de la ville, et c'est parti mon kiki. C'est certainement à partir de là que ça a commencé à dérailler. Un moment d'égarement a du pousser les juges du concours à voter pour un faible d'esprit. Ou alors c'est la petite sœur de l'architecte qui lui a fait une mauvaise blague en modifiant tous ses dessins à la dernière minute. Je ne vois que ça comme explication plausible.
Canberra est sans nul doute la ville la plus décevante que nous avons vue en 2 mois. Nous nous attendions à quelque chose de moyen, les guides touristiques restant très pudiques dans leurs descriptions de la ville. Mais de là à trouver une ville morte, sans âme et sans vie, il y avait un pas. Canberra est située à 250 kilomètres au sud ouest de Sydney, dans la montagne, sans même un petit bout de plage. La ville est séparée en 2 par un lac artificiel : d'un côté la partie administrative, avec le parlement et toutes les missions diplomatiques de tous les pays. De l'autre, la partie commerciale, avec quelques rues piétonnes, des magasins et des bureaux. Et, au dessus de la partie commerciale, les habitations. Aucune des deux n'offre d'intérêt particulier, tant en termes architectural qu'en termes culturel. Tout cela est réparti sur une surface suffisamment petite pour donner un sentiment de ville, mais trop grand pour qu'on ait envie de s'y déplacer à pied. D'ailleurs, personne ne s'y déplace à pied. Ou si peu. Les clients ne se pressent pas dans les magasins, même un samedi comme aujourd'hui. Difficile pourtant de croire que les gens sont au travail : ici, plus de la moitié des habitants sont des fonctionnaires.
Clairement, Canberra a misérablement échoué dans sa recherche d'une identité propre, et donne un vrai sentiment de ville administrative. Les gens n'ont pas l'air fiers de leur ville comme on a pu le voir ailleurs. Par ailleurs, la ville est assez vallonnée et très boisée. Si bien que, même depuis le point de vue local (la tour de télévision, que l'on peut visiter), qui donne une vue sur toute la ville, on a l'impression d'être perdus au milieu du bush : la plupart des maisons sont peu visibles, cachées par la végétation.
Tout cela donne un sentiment global très morose d'une ville qui, pourtant, devrait respirer la joie de vivre et le bonheur au quotidien si elle voulait être à la hauteur du reste du pays. On se doutait, en venant ici, qu'on partirait sans lueur dans les yeux, mais cela valait néanmoins le coup de venir, ne serait-ce que pour voir Sophie pâlir à l'idée que je puisse trouver un poste ici. Nous sommes contents, en fin de compte, d'être passés par ici : nous savons qu'il y a une probabilité très faible pour qu'on revienne, et on voulait vraiment voir la capitale... maintenant, c'est fait !
Notre périple en camping car touche presque à sa fin : nous repartons demain en direction de Sydney, et nous rendons le camping car dans 4 jours. Un autre pan de l'histoire se prépare maintenant : nous installer, chercher un logement, une voiture... et même, pour moi, un travail (le mot me fait froid dans le dos... on s'habitue à être en vacances !). Nous avons du temps : tout ça doit s'étaler sur les 2 mois qui viennent, ça nous laisse plein d'autres choses à raconter. C'est presque un bien, nous commençons à avoir hâte de revenir à mode de vie plus sédentaire, même si l'aventure camping car restera un moment fabuleux. Et puis, la partie qui nous reste est, pour nous, toute aussi passionnante : ça fait un moment qu'on attend ce moment : s'installer ici, enfin !
Publié à 08:10, le 15/11/2008, Canberra Mots clefs : L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois.
Bref, il est temps de continuer à en prendre plein les yeux... Nous prenons la "great ocean road', ainsi nommée parce qu'on y a tourné plusieurs scènes de "Ocean's Eleven". Elle a, par ailleurs, la particularité de longer l'océan sur 240 kilomètres en partant vers l'ouest de Melbourne, en direction de Adelaide. Tous les guides, sans exception, disent que la vue est fabuleuse, impressionnante, majestueuse, féérique, et plus encore, bref, tous les adjectifs les plus laudatifs sont de rigueur. A croire qu'ils ont tous acheté le même dictionnaire des synonymes. Nous arrivons donc plutôt emprunts de prudence, imaginant sans peine que, comme souvent, après avoir lu autant de jolis articles, nous allons nous retrouver devant une réplique des carrières de bécon les granites, sans âme et sans joie. Et, effectivement : c'est magique, exceptionnel, miraculeux. Il n'y a pas de doute : cette étape est un des points forts du voyage. Pourtant, ça fait plus de 3000 kilomètres qu'on longe la côte, on en a vu, des rochers dans l'eau, des trucs comme ça. Mais des comme ça, non. Rien. Et pourtant, le début de la route n'est rien à côté de ce qui nous attend après. Nous faisons une halte pour la nuit dans un petit camping perdu au milieu de nulle part, dans un virage au bord de l'océan, pour nous retrouver nez-à-nez au bout d'une petite heure avec un koala qui traverse le terrain de camping, tranquillement, pour voir si les eucalyptus sont plus verts de l'autre côté de l'arbre. Magique, surtout pour les enfants. Des koalas, on en avait vu plein, mais toujours dans des zoos. En voir un, là, devant nous, et plein d'autres dans les arbres autour du camping, c'est fabuleux. On n'oubliera pas. Et la suite de la great ocean road nous amène devant un des hauts lieux touristiques du Victoria : les 12 apôtres. Ce sont des piliers rocheux au milieu de la mer, qui montent à une trentaine de mètre de haut, que l'érosion a mystérieusement laissés à une trentaine de mètres de la falaise. Le rouge de la roche contraste fortement avec les couleurs de l'eau, qui vont du bleu profond au turquoise, et au blanc de l'écume. A voir. Et les sites moins connus qu'on trouve à côté sont tout aussi majestueux.
Notre route devait, à l'origine, nous mener jusqu'à Adelaide, pour revenir à Sydney. Nous savons depuis pas mal de temps que nous ne pourrons pas aller jusqu'à là, ça ferait trop de route. Alors nous bifurquons pour une boucle plus courte pour rentrer plus rapidement vers Canberra, puis Sydney. Et c'est l'occasion de passer des des régions viticoles sympathiques (le Victoria en est pleine à craquer). D'autant que l'excellent sommelier de l'hôtel Radio à Clermont Ferrand (c'est une excellente adresse, pour ceux qui ne connaissent pas, et c'est à peu près la seule intéressante qu'il y ait à faire à Clermont Ferrand, en plus) nous a laissé quelques adresses, dont 2 autour de Melbourne. Nous craignons trop, à l'image de l'âne qui hésite en l'eau et le son, de ne pas pouvoir nous décider. Donc nous allons faire les 2. Le premier chateau se trouve un peu plus au nord de la fin de la great ocean road, dans la région des grampians. Les grampians, c'est un ensemble de montagnes, dont les habitants du Victoria sont très fiers, il parait que c'est très joli. Notre route nous mène au travers, nous sommes donc aux premières loges pour juger. Et, effectivement, nous sommes déçus. Probablement avons-nous trop lu d'articles dessus... Mais le vin est très bon, et nous en prenons 2 caisses, qui nous feront bon usage quand nous aurons fini notre parcours. La végétation est très changeante dans cette région, il en va de même de la température : maintenant que nous avons quitté la côté, celle-ci remonte à une vitesse assez impressionnante. La flore bascule rapidement d'une forêt d'eucalyptus à une prairie à perte de vue, puis à un paysage qui ne dépareillerait pas dans la savane africaine : herbes jaunies éparses, quelques arbres morts par-ci par-là, et rien. Inutile de dire que nous ne croisons rien ni personne... Sauf quelques kangourous de temps en temps. (Je vous laisse imaginer le désarroi de Sophie à l'idée que des gens puissent être suffisamment dépressifs pour habiter ici et se terrer loin de toute civilisation... ou peut-être est-ce le bon Dieu qui les a puni en les envoyant ici... mais il faut qu'ils aient été sacrément méchants, alors...).Au final, nous avons d'ailleurs croisé assez peu de faune pendant notre trajet. Quelques kangourous, mais finalement assez peu, quelques koalas, des échidnas (un truc à mi-chemin entre le porc-épic, le hérisson et le chameau, encore que les traits du chameau soient assez peu visibles à l'œil nu), beaucoup de perroquets (des très beaux), une fois des chevaux sauvages, mais, sur plus de 7000 kilomètres parcourus à ce jour, ça fait assez peu finalement.
La visite au deuxième château est toute aussi productive, et nous voici chargée de 24 bouteilles au total pour rentrer à Sydney. Nous sommes maintenant très concentrés sur notre prochain étape, qui va consister à trouver un appartement ou une maison, et à nous installer... et, malheur à moi, à chercher un travail... Brrr, ça fait froid dans le dos. Quand je pense qu'il me reste à peine 11 semaines de vacances... Ça passe trop vite ! J'ai commencé à regarder ce que donne le marché du travail... Il y a des postes, même s'ils ne sont pas légions. Je sais aussi que j'ai intérêt à me presser pour envoyer mon CV : on approche des vacances d'été ici, et, comme en France, il ne se passe RIEN en termes d'embauches pendant cette période...
Enfin, nous n'y sommes pas encore, et il nous reste un peu de choses à découvrir avant d'arriver... La prochaine étape sera Camberra, capitale de l'Australie...
Enfin, toujours avec un peu de décalage, voici quelques photos...
http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/06112008?authkey=HTdu_Ar3eTA
Publié à 08:16, le 12/11/2008, Melbourne Mots clefs : Marvelous Melbourne...Une étape de plus dans le Victoria, la petite Sibérie australienne (je dis "petite Sibérie", parce que "Grande Bretagne" était déjà pris... que les baltes n'y voient aucune insulte personnelle), et nous voici arrivés à Melbourne. En comparaison des températures que nous avons connues, il fait froid, au point où nous troquons nos shorts pour des jeans, et que nous devons même mettre des pulls... Pire, le matin, il nous faut allumer le chauffage dans le camping car pour réussir à nous extirper de la couette. Et la météo est encourageante : pour les jours à venir, on prévoit quelques orages entrecoupés d'averses.
Le hasard a fait que nous arrivons à Melbourne la veille d'un évènement sportif très important : la Melbourne Cup. C'est une course de chevaux de renommée internationale. Et comme les australiens ne font jamais les choses à moitié quand il s'agit de sport, le jour de la Melbourne Cup est un jour férié dans l'état de Victoria. Comprenons-nous bien : ils ne profitent pas d'un jour férié pour faire la course, c'est bien le jour de la course qui détermine le jour férié (cette année, le 4 novembre). J'ai souvenir qu'effectivement, même dans les autres états, ce jour n'est pas super productif dans les bureaux, tout le monde suivant les courses de chevaux dans le pub voisin la majeure partie de la journée. Cette coïncidence (notre premier jour à Melbourne et la course de chevaux) jouera un rôle clé dans l'image que nous retirons de cette ville un peu magique...
Nous sommes pris d'un vrai coup de cœur pour cette ville. Autant la ville de Sydney est agréable, mais très petite (le centre ville est grand comme un mouchoir de poche, tout est dans les faubourgs qui s'étendent à perte de vue) et très "capitale économique" dans son genre (on voit surtout des immeubles de bureau dans la city), autant Melbourne nous séduit par son art de vivre, sa recherche de culture sous toutes ses formes, son côté vivant. Le centre ville est très éclectique dans sa recherche de plaisirs citadins : des magasins à profusion (Sophie frétille d'impatience à l'idée de les visiter tous un par un), des musées dans toutes les rues, et des formes d'art moderne et moins moderne à tous les coins de rue. Bref, des trucs de gonzesses. Et comme ce n'est pas suffisant pour retenir ces messieurs dans un centre ville (je les comprends), on retrouve, dans ce même centre ville : le terrain de rugby avec ses gradins (immense), le terrain de cricket (le plus grand d'Australie, une vraie institution), les terrains de tennis de l'open d'Australie.... et comme ce n'est pas assez, ils sont en train de construire d'autres terrains de sport. Les distances sont suffisamment courtes entre toutes ces institutions pour qu'on puisse sans problème, ici, sortir du boulot et aller, à pied, regarder un match. C'est même fait pour. Un vrai rêve éveillé. (j'ai même raté Australie-Angleterre en rugby, ici même, il y a 3 jours.... tant pis, on ne peut pas tout avoir).
On retrouve d'autres éléments très australiens, et qui donnent un cachet particulièrement agréable à cette ville : des jardins botaniques immenses (tellement grands, en fait, qu'on n'arrive pas à en faire le tour sans prendre un bus, ou alors il faut y rester une demi journée et nous n'avons pas le temps), des parcs partout, et des rues très larges. Les trottoirs, aussi, sont très larges, ce qui rend la ville très piétonnière et lui donne un aspect beaucoup plus vivant que ce que nous avions rencontré jusqu'à aujourd'hui. L'architecture est très variée : on retrouve de nombreux bâtiments victoriens, beaucoup de vieilles bâtisses en briques, et pas mal d'immeubles modernes. Et tout cela se mêle formidablement bien, puisque tous ont, peu ou prou, la même taille (3 à 4 étages). Les gratte-ciel sont relativement rares et disséminés dans la ville, ce qui permet de ne pas étouffer les vieux bâtiments, comme on a pu le voir à Brisbane par exemple. La hauteur des bâtiments diminue rapidement quand on s'éloigne de la city pour rapidement arriver à des maisons à un étage à perte de vue. Des trams qui doivent dater d'avant-guerre sillonnent la ville de tous côtés, donnant un côté un peu désuet à cet ensemble.
Nous sommes finalement gâtés par la météo, contre toute attente : il fait un soleil radieux la majorité du temps de notre visite (3 jours), et le reste du temps... disons qu'il ne pleut pas. Il fait un peu frais, mais au moins on peut visiter sans craindre la pluie. J'en conclus au passage que les météorologues australiens sont aussi incompétents que les français, et que tout ça c'est charlatans et compagnie. J'en conclus aussi que la météo doit être particulièrement pourrie pour que mêmes les plus grands charlatans soient capables de se planter à ce point là sur plusieurs jours...
Enfin, la Melbourne Cup donne un air particulier à la ville : c'est un jour férié, donc la ville est plus calme qu'à l'accoutumée. Et on y croise tous les gens qui vont au champ de course (des milliers), tous ces hommes et toutes ces femmes qui se sont mis sur leur trente et un pour aller à l'hippodrome (la dame du visitor center nous dit qu'elle a l'impression de voir une « fashion parade ») (toutes les places sont vendues depuis longtemps... pour nous c'est cuit), qui donnent un air suranné à la foule. Je note une fois de plus au passage que, s'habiller avec goût, ce n'est pas forcément dans les cordes de tout le monde, comme en atteste l'accoutrement de certaines demoiselles que nous avons croisées. Mais j'imagine qu'avec mon jean et mes baskets, je suis mal placé pour jouer les Jean-Paul Gautier. Nous suivons LA course (la course de 15 heures, la plus importante de la journée) dans la rue, sur un écran géant (une vingtaine de mètres de large), en compagnie de quelques milliers de personnes qui hurlent. Pour les turfistes, c'est le 10 qui a gagné, suivi du 4 puis du 12.
Et quelques perles donnent à la visite un côté magique : une vue à 360° de Melbourne depuis le 88ème étage d'une tour (la montée s'effectuant en moins de 15 secondes... impressionnant), un tour de la ville en calèche, et, surtout... pas de conduite ! Tout se fait en tram, c'est beaucoup moins stressant qu'en camping car...
Au final, nous sommes totalement séduits par cette ville très européenne dans l'âme, avec le sentiment de n'en avoir vu qu'une infime partie. Un peu comme si on devait visiter Paris en 3 jours : on ne voit que peu de choses sur le total, mais on en repart en sachant que c'est une ville superbe. On pourrait sans problèmes habiter ici (même Sophie !), si ce n'était la météo, sensiblement la même qu'à Nantes, et... les mouches, qui ne sont toujours pas calmées. On n'imagine pas comme c'est irritant, les mouches, quand elles viennent vous titiller le visage à longueur de journée...
Aucun doute là-dessus néanmoins : à la longue, Melbourne est très certainement plus agréable à vivre que Sydney, plus industrieuse et moins axée sur la culture. Nous gardons cette certitude bien au chaud, dans quelques années on se reposera peut-être la question...
Publié à 03:21, le 7/11/2008, Melbourne Mots clefs : au milieu de rienL'Australie est peuplée d'un peu plus de 20 millions d'habitants, pour une superficie de 7,5 millions de kilomètres carrés. Ce qui confère au pays une densité de population parmi les plus faibles au monde (de l'ordre de 2,5 habitants au kilomètre carré). Quand on sait que plus de la moitié des australiens vivent dans quelques villes, on comprend que ça laisse amplement la place pour de grands espaces inexploités et... vides. C'est ce que nous avons pu expérimenter dans l'étape d'aujourd'hui : pas loin de 300 kilomètres de route, sur lesquels j'ai pu compter à peu près 10 habitations. Sophie est prise de compassion pour les pauvres gens qui habitent ici... Pour un peu, elle s'arrêterait pour leur proposer de monter et de quitter cette région abandonnée des dieux. En remplaçant la forêt par des dunes de sables, j'aurais l'impression de faire le Paris-Dakar. La côte qui sépare Sydney et Melbourne est visiblement menée, économiquement, par quelques industries (en particulier laitières), et par les pensions de retraite. La moyenne d'âge des villes que nous croisons doit dépasser largement mon poids, et la pyramide des âges doit ressembler à une montgolfière. Ainsi, le prototype de l'australien que nous croisons depuis plusieurs jours est : retraité, bedonnant, une bière à la main, un chapeau à la crocodile dundee, un gros 4x4 (on en croise tout le temps depuis le début, mais ici, c'est le seul type de voiture qu'on croise...), qui tire un bateau à moteur avec des cannes à pêche de partout. Et l'activité économique est visiblement centrée sur la population locale et ses centres d'intérêt (ce qu'on comprend aisément) : débits de boisson, vendeurs de bateaux, vendeurs d'appâts, et camping pour les retraités qui veulent aller pêcher un peu plus loin que chez eux avec leur bateau. Si cela représente pour le visiteur occasionnel à bord de son camping un intérêt limité, on ne peut s'empêcher d'admirer quelques coins particulièrement beaux : Narooma, avec sa lagune totalement artificielle mais aux couleurs paradisiaques et ses zones de baignades protégées par des filets (probablement pour tenir les bateaux à l'écart). Merimbula, petite station balnéaire où nous passons la nuit au bord de la plage... Mais, au final, cette côte offre moins de spectacles que nous ne le pensions, et les guides sont de notre avis ; apparemment, c'est après Melbourne qu'il faut s'attendre à être époustouflés. Alors nous traçons notre route un peu plus vite que prévu, puisque le temps avance et que nous savons déjà que nous ne pourrons pas boucler tout notre parcours. La route que nous avons suivie aujourd'hui (qui, maintenant, s'appelle la Princes Highway, surement parce que Prince a dû y faire un concert un jour ou l'autre) était donc particulièrement désolée. Coupant à travers la montagne (le bas de la chaîne montagneuse appelée la cordillère australienne, et qui remonte tout le long de la côte est ; en fait, tout notre parcours jusqu'à aujourd'hui s'est déroulé entre la côte et cette chaîne de montagnes), elle est bordée de forêts d'eucalyptus sur toute sa longueur. Il est d'ailleurs facile de comprendre pourquoi les feux de broussaille sont si violents ici : l'eucalyptus est un arbre qui perd son écorce par lambeaux (un peu comme du psoriasis). Ça donne, sur toute la forêt, un tapis d'écorces bien sèches et contenant encore de l'huile d'eucalyptus, qui ne demande qu'à prendre feu à la première étincelle venue. Ces feux de broussaille font d'ailleurs partie du quotidien des australiens, qui les prennent très au sérieux : en 1994 et en 2003, des feux immenses ont même atteint les faubourgs de Sydney, brulant pas mal de maisons. Et pourtant, ces feus sont nécessaires pour la forêt, certaines plantes ne libérant leurs graines que dans la chaleur intense d'une fournaise... Vaste dilemme. Nous venons de passer le coin sud-est de l'Australie, et nous sommes maintenant sur la côte Sud de l'Australie. Effectivement, la température de l'eau ne laisse aucun doute que nous approchons de l'antarctique (ou de l'arctique, peu importe c'est froid dans les 2 cas). L'état du Victoria (plus petit état d'Australie, c'est à peine grand comme la Grande Bretagne) où nous venons de pénétrer est cependant très riche à bien des niveaux, et semble nous réserver pas mal de surprises. La moins bonne sera certainement celle de la météo : ici, les vieux sages disent qu'on peut avoir "les 4 saisons en une journée". Je connaissais déjà le dicton breton qui disait qu'"à Brest, il fait beau plusieurs fois par jour", là c'est pire. Pour l'instant, nous n'avons pas à nous plaindre, mais il semblerait qu'il faille s'attendre à une météo moins clémente que ce que nous avons eu jusqu'à ce jour... Et des Français qui vivent à Melbourne nous ont déjà confirme que le climat de Melbourne est le même que le climat de Nantes... Pour le coup, c'est moi qui ne pourrais pas habiter là ! C'est quand même une des raisons qui nous ont poussées à voyager ! Enfin, une autre calamité s'abat sur nous depuis quelques jours : les mouches. Elles sont omniprésentes dans cette région, et on ne peut pas faire 2 pas dehors sans être obligés de les chasser avec la main... Je commence à penser que les vaches ont une méthode plus utile dont je pourrais faire usage. Il faudra que je me renseigne sur la façon de procéder. Mais la région est belle, la plage est immense (nous sommes à un bout d'une plage de 90 miles, soit 144 kilomètres... joli jogging !), les vagues sont fortes et bien formées : il est toujours très déconseillé de se baigner en raison des courants, comme partout en Australie. Les zones de baignade sont délimitées par des fanions, et les lifeguards n'hésitent pas à siffler pour rappeler à l'ordre ceux qui dépassent les zones... Quand on sait qu'il y a régulièrement des morts par noyade sur tout le littoral, on leur donne raison ! Notre voyage approche de son dénouement. Il nous reste un peu moins de 3 semaines, ce qui est à la fois beaucoup et peu, quand on voit le nombre de kilomètres qu'il nous reste à parcourir. Nous profitons à fond, tout en commençant à penser à ce qui se passera ensuite... Publié à 01:42, le 4/11/2008, Melbourne Mots clefs : froid de novembre...Nous avons clairement rejoint le printemps à force de descendre... Mais le printemps en Australie ne se manifeste pas de la même manière que le printemps en France : pas de grosses plaques de neige à faire fondre, pas de barrière de dégel (encore qu'il y a des stations de ski à moins de 3 heures de route de Sydney, je suis un peu mesquin dans mon jugement à l'emporte-pièce). Mais, pour faire son intéressant, le printemps joue à tester les limites du thermomètre. Nous oscillons donc, depuis une semaine, entre un 17 degrés, venteux et porteur d'un crachin aussi breton que tenace et un 36 degrés, venteux et si sec que ça n'est pas si agréable que ça. Et l'alternance se faisant en moins de deux heures (surtout quand ça descend), nous commençons à prévoir le stock de mouchoirs pour les rhumes qui nous menacent... La seule constante, dans le temps, c'est le vent, qui ne cesse pas de souffler, et qui diminue les périodes de plage, mais qui rallonge les périodes de cerf-volant... Résultat, ça devient difficile de profiter pleinement de ce qu'on a autour de nous, mais ne soyons pas négatifs, dans notre situation ça serait malvenu.
Comme prévu, nous faisons une rapide escale à Sydney, que nous mettons à profit pour vérifier l'inscription de Quentin dans son école. Grand bien nous en prend, puisque l'école qui devait nous donner réponse a oublié de nous donner sa réponse... négative. Heureusement, une autre "école" (qui ressemble plus à une crèche qu'à autre chose, mais c'est mieux que rien), située à moins de 500 mètres, a, elle, de la place, et nous signons son inscription définitive. Voilà une bonne chose de réglée, et nous nous félicitons d'avoir écumé les écoles en septembre, sans quoi nous nous retrouverions le bec dans l'eau...
Et, comme nous n'avons pas l'intention de rester trop longtemps, nous repartons le soir même vers le sud, histoire d'éviter les embouteillages du matin en centre ville. La traversée du pont de Sydney en camping car est un moment fort, et la conduite en ville me vaut quelques suées... mais nous nous en sortons sans encombres. Je suis maintenant un expert de la conduite à gauche, plus rien ni personne ne peut m'arrêter (sauf le manque de diesel, qu'est-ce que ça consomme un camping car !). J'attends maintenant avec impatience l'état du Victoria (là où il y a Melbourne), réputé pour ses règles de conduites contre-intuitives : pour tourner à droite (et donc couper la voie d'en face, puisqu'on conduit à gauche), il faut serrer à gauche, et attendre le feu pour couper toutes les voies. La légende veut que si on arrive à passer Melbourne sans accident, la marine nationale nous dispense des tests psycho-moteurs pour devenir pilote de chasse.
La côté au sud de Sydney n'a rien à voire avec ce qu'on peut trouver plus au nord : tout ici transpire la tranquillité et le charme. C'est une succession de petites villes côtières qui nous attend, toutes aussi agréables les unes que les autres. Toutes nous charment, et pourtant Sophie ne pourrait habiter dans aucune : c'est tellement calme et reposant qu'on y devient apathique. Quelques joyaux ici et là attirent d'autant plus notre attention : le "blowhole" à Kiama : un trou dans un rocher dans lequel les vagues s'engouffrent et jaillissent jusqu'à 60 mètres de hauteur. Très impressionnant, et pour une fois qu'on voit un trou qui souffle sans odeur nauséabonde derrière... (c'était le petit intermède poétique).
Les plages de surf se suivent et se ressemblent peu, néanmoins elles gardent toutes une caractéristique commune : elles sont un peu dures pour moi, et de toutes façons je n'ai pas de surf avec moi, il faudrait en louer à chaque fois... Ça sera pour plus tard, quand nous serons posés à Sydney pour de bon.
Autre joyau particulièrement apprécié : Jervis Bay, un coin réputé pour bien des choses : la clarté de ses eaux (j'ai plongé il y a 10 ans ici, je confirme, c'est beau), son sable, qui serait le plus blanc du monde (et, franchement, j'ai un doute : sur les Whitsunday Islands, c'était au moins aussi blanc... mais n'ergotons pas, c'est quand même très blanc), et.. ses dauphins. Sur ce point, nous avons été vernis : un banc de dauphins est venu nous faire coucou à moins de 30 mètres de la plage. Un vrai bonheur que de les voir sauter, les enfants sont presque aussi émerveillés que Sophie (mais pas tout à fait). La chance est avec nous, nous en verrons d'autres 2 jours plus tard, à Batemans Bay (oui, monsieur, la baie de Batman, là où qu'il y a la batcave et la batmobile. Enfin je crois).
Un point continue à nous interloquer tout de même : la question des aborigènes. Ces derniers sont singulièrement absents de tous les discours et tous les lieux que nous visitons, si ce n'est un panneau par-ci par là, rappelant que telle ville, en aborigène, s'appelle comme ci ou comme ça, ou un centre d'art aborigène tous les 100 kilomètres. Il est clair que les aborigènes constituent une question politique épineuse ici, mais de là à les évincer totalement, il y avait un pas... Rien, dans les quelques rappels que nous voyons ici ou là, ne permet de distinguer les aborigènes des "sauvages" que les pionniers ont cru trouver ici il y a 200 ans, avant de les décimer. Pire, à mon sens : on parle des aborigènes comme d'un peuple unique, ou, plutôt, comme des gens dont il n'est pas utile de se soucier des différences qu'on peut trouver chez eux. Et pourtant, c'était un peuple particulièrement passionnant, formé de nombreuses nations (ou tribus, mais peu importe), on distinguait pas loin de 400 dialectes différents, aux croyances totalement différentes. C'est même le peuple qui était le mieux intégré à son écosystème, en devenant un maillon essentiel mais non destructif... ce dont nous ferions peut-être bien de prendre des leçons... Et pourtant, rien. On en rencontre peu, voire pas, ce qui peut s'expliquer par le fait que les aborigènes sont maintenant presque tous dans des réserves interdites au public et tentent de vivre selon les rites de leurs ancêtres, mais on n'en entend pas parler non plus. Comme si le pays était vide quand les colons sont arrivés. Mystère, un peu déstabilisant...
Nous commençons à penser à la suite du périple : la location d'appartement ou de maison, l'achat d'une voiture, etc.... Pour un peu, ça nous stresserait, mais nous avons hâte aussi... le camping car, c'est bien mais au bout des 9 semaines, on appréciera un peu de confort...
Avec, dans certains cas, pas mal de retard, voici de nouveaux liens vers des photos... bonne séance !
http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/17102008?authkey=youvVTBDGFc
http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/21102008?authkey=NnegC1FTnso
http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/25102008?authkey=f2ev34R9ft8
http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/31102008?authkey=2SIC_q2UrAg
Publié à 07:21, le 31/10/2008, Wollongong Mots clefs : paf le camping carLes grêlons sont gros, à peu de choses près, comme des testicules de kangourous sauvages. Les journaux, plus prudes, ou ayant moins de le sens de l'analogie, titreront le lendemain "gros comme des balles de golf". Toujours est-il que nous restons bien au calme dans le camping car, mettre le nez dehors serait pure folie. Notre chance est d'être en bordure de l'orage, et la grêle ne dure que quelques minutes, pour être ensuite remplacée par de la pluie. A première vue, tout à l'air d'aller bien, pas de gros dégats sur le camping car... jusqu'à ce que Sophie ne se mette à pester dans les toilettes parce que « vous avez encore fait pipi sur le côté des toilettes, c'est tout mouillé ! Ah mais non, c'est la fenêtre qui est cassée ! ». Effectivement, la fenêtre sur le toit au dessus des toilettes n'a pas apprécié l'orage de grêle. Nous nous retrouvons donc avec des toilettes à ciel ouvert, c'est particulièrement agréable quand la nature se rappelle à nous la nuit, nous pouvons à loisir observer la croix du Sud sans quitter le camping car. Mais c'est beaucoup moins agréable pendant les orages... Il va nous falloir faire réparer cela. Et la mauvaise nouvelle, c'est que l'assurance du camping car ne couvre pas ce qui se situe au dessus de la tête... donc pas sur le toit. Donc, c'est pour notre pomme. Et je commence à craindre pour ce qu'il y pourrait y avoir comme autres dégâts (je suis un peu petit pour voir au-dessus sans me mettre sur la pointe des pieds, donc je n'ai plus qu'à stresser et attendre).
Le réparateur chez qui nous allons le lendemain nous confirme que l'orage a été très violent, et que nous sommes finalement assez chanceux : à part la fenêtre (qui nous coûte 90 dollars, soit pas loin de 50 euros), il y a un petit trou dans le morceau de plastique qui protège la clim (qu'on laisse en l'état, sur ses conseils), et rien d'autre, alors que d'autres ont vu leurs voitures ravagées. Les journaux montrent des champs blancs comme neige, recouverts de grêlons gros comme des... bref. On se souviendra de Byron Bay, non pour son spot de surf, mais pour ses grêlons. Et pour son phare, situé sur la pointe la plus à l'ouest de l'Australie, un coin très sympa. Et, après être allés quasiment au nord, toucher la pointe est pour se diriger vers le point le plus au sud, ça fait un petit quelque chose, quand même.
Forts de cette nouvelle aventure, et pour fuir la température qui a, une nouvelle fois, chuté (on a perdu un dizaine de degrés avec cet orage, il fait une vingtaine de degrés grand maximum), nous repartons en direction de Sydney, sachant que la côte est bien moins chargée de sites touristiques dans cette région que ce que nous avons pu rencontrer jusqu'à présent. Par ailleurs, nous avons vu tellement de choses passionnantes que nous nous découvrons avec déception un peu « blasés », et nous avons du mal à apprécier des paysages qui nous paraissent maintenant quelconques. C'en est presque honteux quand on y pense...
La route qui longe l'océan, la pacific highway (ainsi nommée parce qu'on y croise beaucoup d'antimilitaristes qui boivent du ricard sans alcool) traverse des régions qui n'ont pourtant rien à voir avec ce que nous avons vu jusqu'à maintenant. L'outback est ici très verdoyant, une grande prairie très structurée, la région étant visiblement très agricole. Des barrières séparent les champs, ce que nous n'avons pas vu depuis longtemps (depuis la France, en fait), et les rivières sont très larges (pire, il y a de l'eau dedans ! Ça non plus, on n'y était plus habitués). A certains moments, je me prends à me croire dans un épisode de Tom Sawyer, tant la région ressemble au Mississipi (enfin ce que j'en ai vu à la télé). On traverse quelques bourg qui font frémir Sophie à l'idée d'y habiter. Pourtant, les maisons sont décorées, sinon avec goût, au moins avec rigueur : devant chaque entrée de maison, on trouve des statues d'animaux : kangourous, flamands roses, coqs... Le top du kitch revient à ceux qui ont eu l'idée de bordée leur entrée de pneus de tracteurs coupés en deux et peints en blanc, façon petit pont (véridique).
Nous arrivons dans la petite ville de Coffs Harbour, une des rares villes du coin qui méritent le détour si on en croit le lonely planet. A l'instar de Mackay, capitale de la mangue, et de Rockhampton, capitale du boeuf, Coffs Harbour est la capitale de la banane, comme en atteste l'immense statue de banane située à l'entrée de la ville, là aussi du plus bel effet. Il semble que les australiens aiment à se chercher une identité agricole partout où on aille... Un peu comme si une ville se définissait comme la capitale de l'endive (si vous la trouvez, celle-là, parlez-m'en, faut que j'aille faire un tour).
Comme Coffs Harbour n'offre qu'un intérêt limité, nous passons notre chemin en direction de lieux plus aptes à nous tenir en haleine. Le lonely planet indique qu'à Coffs Harbour, on sent le climat changer quand on monte de Sydney, et que l'air y est chaud et lourd. Je m'inscris en faux : 17 degrés, ce n'est pas « chaud et lourd ».
Notre route traverse encore de nombreux villages, dont l'un attire mon attention, et surtout celle de mon ventre : il abrite le vainqueur de la coupe de la meilleure « pie » d'Australie. Après notre essai désastreux de « meat pie » il y a quelques semaines (un peu de PAL emballé dans une ostie mouillée, si mes souvenirs sont bons), il est temps de comprendre pourquoi les Australiens raffolent tant que ça de ces tourtes un peu bizarres. Du premier coup d'œil, on se rend compte qu'on n'a pas affaire au même type de cuisinier : ici, les pies sont faites avec de la pâte feuilletée, garnies avec des trucs qu'on a vraiment envie de manger, c'est très appétissant... et super bon ! En fait, les tourtes, c'est comme tout : bien cuisiné, c'est super bon. (à l'exception des endives, là encore, qui ne sont jamais bonnes, mais ça c'est personnel).
La nuit suivante se passe à Port MacQuarie, un ancien bagne reconverti en village pour retraités riches. Ici, pas de doutes à avoir : quand il y a de l'argent, les Australiens savent faire quelque chose de joli, de verdoyant... et plein de vieux. C'est sympa, mais je pense qu'on reviendra quand on sera vieux nous-même. Pour l'instant, on a peur que les passants ne fassent sous eux et que le camping-car ne prenne l'odeur du pipi ad vitam aeternam. Plus sérieusement, la ville est très chouette, en bord d'eau, le spot de surf a l'air sympa, bien que les vagues soient un peu grosses pour moi (elles dépassent allègrement les 30 centimètres, ce qui constitue mon maximum à ce jour, et sans me vanter j'en connais pas mal qui aimeraient pouvoir en dire autant).
L'outback, quand nous continuons, change encore de physionomie. Nous approchons de Sydney et de ses « blue mountains », et le paysage s'en approche petit à petit : les collines se forment de plus en plus, et la route est bordée d'une forêt de plus en plus dense... ce qui nous donne un paysage assez monotone, puisqu'on ne voit que des arbres. Les autres sujets d'intérêt qui bordent la route sont les travaux (omniprésents depuis le début de notre trajet, il ne se passe pas 30 kilomètres sans qu'on voie une portion de la route en travaux ou en réfection), et les golfs. Si on compte bien, il doit y avoir pas loin de 1 golf par habitant en Australie, à en croire tous ceux qu'on croise. Moi, je m'en fiche, je ne joue pas golf : il n'y a que les m'as-tu-vu et les retraités qui jouent au golf. Et moi, je ne suis pas assez vieux...
Nous passons la nuit suivante dans la baie de Port Stephen, dans la ville de Nelson Bay (capitale de la pêche, avec, là encore, à l'appui, une statue de pêche à l'entrée de la ville, d'un goût certain, voire d'un goût incertain). Nous sommes maintenant à 150 kilomètres de Sydney, que nous comptons traverser assez rapidement pour continuer rapidement vers le sud. : nous allons y passer tout le mois de décembre et tout le mois de janvier, on aura tout le temps de visiter avant de travailler !
Sophie a retrouvé la parole: Blablabla, blablabla!! J'en ai marre des péquenauds qui ont la mauvaise idée de passer la tondeuse devant le camping-car, le matin pendant que nous prenons notre petit déjeuner! Je commence à me dire qu'ils font exprès!! Cela fait rire les garçons car je peste! En quelques jours, outre les péquenauds, j'ai vu plus de vaches que ces 20 dernières années! Je fais un peu une overdose de nature: le terroir c'est vraiment pas pour moi! Notez que dans le parc de Dorrigo, on a fait un peu de trekking: Trois balades possibles à pied sur un sentier.... en bois au début puis très bien dégagé, avec pour consigne de ne pas toucher la végétation. Idéal à mon goût! Donc j'ai choisi la promenade la plus courte et au bout de 10 minutes on a fait demi-tour, on avait vu l'essentiel! Petite note spéciale pour Mélanie et Isabelle: j'ai toujours des douleurs à mon pied et j'ai même été obligée de m'acheter des nu-pieds « qui tiennent bien le pied », dixit le podologue!! Ce ne sont pas des SCHOLL hyper moches mais tout de même ces premiers nu-pieds de ma vie ne souffrent pas la comparaison avec les superbes chaussures vues dans les boutiques de Brisbane, qui, elles, sont jolies mais ne correspondent pas aux standards de ma chère podologue nantaise! Si elle voyait « mes chaussures rouges qui ne font pas mal au pied » elle serait sûrement fière de mon choix!!! Mais j'ai quand même hâte de remettre des chaussures à talons! Côté boutique de surf, quand j'entre, j'ai l'impression de me tromper de magasin; les vendeuses ne sont pas à l'affût; à mon avis mon teint « vert chiottes »doit les dérouter!!! Elles ne peuvent pas utiliser l'argument « oh cette petite jupe courte va mettre en valeur votre bronzage »! Mais je me la joue cool! A très bientôt, sophie Publié à 09:56, le 25/10/2008, Port Macquarie Mots clefs : Quand le surf nous tient...Il y a des urbanistes qu'il faudrait émasculer. Une fois notre soif de Brisbane étanchée (avec une jolie vue sur toute la ville depuis une colline avoisinante, maintenant nous en sommes certains : Brisbane ne ressemble absolument pas à une ville de 1,5 millions d'habitants, il y a bien trop d'arbres et pas assez de gens désagréables), nous nous dirigeons vers un mythe du surf : la gold coast. Cette côte d'une treintaine de kilomètres, à une heure au sud de Brisbane, est bordée de spots de surfs qui font rêver le premier surfeur venu (je veux parler des vrais surfeurs, pas des barboteurs qu'on trouve sur les côtes landaises. Maintenant que je suis en passe de devenir un professionnel du surf, je ne vais pas laisser le premier débutant venu me disputer MA wave...). Mais, et c'est bien là que le bas blesse, le surf est un sport très haut en couleur, qui attire beaucoup de touristes... et les promoteurs immobiliers l'ont visiblement bien compris. La gold coast commence par une ville du nom de Surfers Paradise... Et, visiblement, elle a tout perdu de son côté paradisiaque. On dirait une réplique grandeur nature de la Grande Motte, posée au milieu d'une côte qui n'a pas une seule habitation côtière... Sur un kilomètre, les gratte-ciel sur succèdent, tous plus moches les uns que les autres, à 10 mètres de la plage. C'est bien triste, tant le site a dû être beau en son temps. L'histoire de Surfers Paradise est plutôt intéressante, pourtant : l'essor de la ville a commencé quand un promoteur du coin a eu l'idée, dans les années 60, d'habiller les pervenches en bikini doré, très court... Une idée intéressante à donner à Bertrand Delanoë, mais à déconseiller au maire de St Brieuc, sous peine de voir les arrêts maladie se multiplier.
Le reste de la gold coast est bien mieux conservée : on y voit certes quelques immeubles, mais pas une telle concentration, et, ici, il y a encore de la végétation. Les spots de surf mythiques se succèdent : Burleigh Heads, Coolangata... Compte tenu de la taille des vagues, du soleil, des surfeuses bronzées, pas étonnant que ça attire du monde, notez.
Je ne pouvais pas passer par ici sans faire une journée de surf, d'autant que plein de magasins en louent... J'ai donc réalisé avec douleur que le surf, c'est encore plus difficile quand il y a des vagues ! Ici, les vagues sont bien plus grosses qu'à Noosa, où j'ai appris, et, sans parler de monter sur le surf, j'ai bien du mal à passer les vagues sans boire la tasse et me faire ramasser sur la plage... Heureusement, mon don inné pour la maîtrise des éléments liquides reprend vite le dessus, et je finis par monter sur le surf. Un vrai moment de bonheur, qui sera presque le seul de cette séance de 2 heures qui me laisse éreinté... M'en fiche, j'ai réussi à sortir de l'eau !!!!!
Une fois ces moments de plaisir particulièrement égoiste passés (pendant ce temps-là, Sophie surveille les enfants... pas même une remarque émerveillée sur mon style pourtant si fluide et si aérien... décidément, les femmes ne connaissent rien à la beauté de l'exploit), nous quittons les lieux : dans 3 jours, à Surfers Paradise, commence l'Indy. Pour les non sportifs d'entre vous, je rappelle qu'il s'agit d'une course automobile à travers toute la ville qui a lieu tous les ans. C'est visiblement quelque chose d'assez énorme, puisque la majorité des rues sont bloquées pour installer des tribunes partout... Ca laisse d'autant moins de place pour dormir au calme en camping sauvage (en pleine ville, je trouve que le mot de "camping sauvage" est un peu mal choisi, mais ça convient mieux à Sophie que du camping au milieu du bush, avec les serpents qui sifflent sous nos fenêtres). Surtout, on se doute que, bien vite, la ville va grouiller de jeunes fans de voitures très bruyantes, de filles hystériques, de bière et de musique nocturne à plein tubes. Moi, je serais bien resté, ça avait l'air sympa, présenté comme ça, mais le chef en a décidé autrement...
...et ce qui devait arriver a bien fini par arriver : nous quittons le Queensland, état du nord est de l'Australie, pour arriver dans la Nouvelle Galle du Sud, dont le chef lieu est Sydney (nous ne sommes "plus" qu'à 700 kilomètres de Sydney) ; bien plus au Sud, ce sera alors l'état de Victoria, dont le chef lieu est Melbourne. Du même coup, il est une heure plus tard, puisque nous changeons de créneau horaire. Effectivement, j'ai un gros coup de fatigue. Ou alors c'est la bière d'hier soir... Sur la côte qui nous attend, les guides touristiques sont bien moins prolixes : visiblement, la Nouvelle Galle du Sud joue bien moins la carte touristique que le Queensland, et le meilleur de la plage est derrière nous. Ça reste une vue de l'esprit, puisque la température est bien remontée (pas loin d'une trentaine de degrés en pleine journée, je dirais, toujours à vue d'aisselle), que les plages sont belles, et que les vagues sont assez hautes pour me terroriser à l'idée de les attaquer avec un surf.
La première ville que nous rencontrons est un autre haut lieu touristique de l'Australie, comme pour donner tort à ce que je viens de dire : Byron Bay. A 50 kilomètres au sud de la Gold Coast, c'est la ville la plus "surf" de Nouvelle Galle du Sud, si on excepte les faubourgs de Sydney comme Bondi Beach ou Manly. D'autre part, c'est une des villes de plus chaudes de Nouvelle Galles du Sud, puisqu'elle est quasiment à la frontière nord de l'état... Et la surprise est bonne, puisque les habitants du coin ont visiblement pris bonne note du fiasco urbain de Surfers Paradise : on trouve ici le seul conseil municipal écolo d'Australie, et la ville est en conséquence : verte, propre, agréable... Le camping est à la fois au bord de la plage et en plein centre ville... On pourrait sans problèmes passer des semaines entières de vacances ici. Hugo et Quentin sont du même avis, qui profitent de la journée pour s'améliorer en skate dans les rues du camping.
Nous venons de passer la moitié de notre périple... plus qu'un mois ! On se prend à rêver que ça durerait toujours... Publié à 03:41, le 21/10/2008, Byron Bay Mots clefs : les rois de la glisseNous continuons notre transhumance vers le sud. Un bref passage par Rainbow Beach, village pour ainsi dire voisin (100 kilomètres au sud, mais toujours dans la baie de Fraser Island), pour admirer une plage dont le sable fait comme un arc en ciel (ils sont forts pour trouver les noms des villages, les australiens, quand même). Très joli, mais on ne va pas dormir ici pour autant. Une petite baignade au passage, puisqu'il semble que nous ayons quitté la région d'adoption de ces charmantes méduses.
Puis nous arrivons sur la sunshine coast, dans la ville de Nossa Heads. A côté, Nice ressemble à un bidonville. Ici, c'est plein de villa très cossues, de propriétés immenses, de plages bondées de célébrités (mais comme nous n'en connaissons pas une seule parce que nous ne sommes pas Australiens, ça ne nous choque pas plus que ça ; Pour autant qu'on sache, on a croisé Paul Dugenou et Marcel Petit-Trou aujourd'hui). En revanche, l'ambiance est très loin d'être guindée : nous n'avons même pas le sentiment de déranger avec notre camping car. Noosa Heads et, parraît-il, l'endroit idéal pour apprendre à surfer. Ça tombe bien, j'avais l'intention de m'y mettre, et il y a plein de cours sympas avec des surfeuses sympas. Comme je m'y attendais, je ne fais qu'un avec la vague dès les premiers essais. D'ailleurs, on ne me voit plus tellement je fais un avec la vague, sous la vague. Tout de même, après plusieurs essais infructueux, je finis pas sortir de l'eau, et, franchement, c'est le pied pendant toutes les 2 secondes où j'ai réussi à rester sur le surf. Après, ma mémoire est moins nette... Je crois me souvenir qu'une foule en délire m'a applaudi, des nuées de Suédoises scandaient mon nom, enfin quelque chose comme ça. Ou alors j'ai bu la tasse, je ne sais plus. Quoiqu'il en soit, au bout de 2 heures, j'ai compris comment ça marche, il ne me reste plus qu'à m'entrainer tous les jours à raisons de 32 heures par jour pendant 5 ans, et je devrais pouvoir rivaliser avec Sim...
Nous profitons pleinement du panorama de la sunshine coast sous une pluie battante... Ce qui nous incite à pousser plus au sud sans attendre la fin de la pluie (quand nous décidons de partir, il pleut depuis 12 heures sans discontinuer, à savoir toute la nuit et le début de la journée)... C'est dommage, les guides sont très laudatifs sur cette région, mais nous ne pouvons pas attendre éternellement ; nous sommes les fils du vent, rien ni personne ne peut nous retenir, alors zou !... et nous arrivons à Brisbane. Enfin, Brisbane. Depuis le temps que nous en parlons sans savoir quand nous l'atteindrons. C'est la première grande ville que nous traversons avec le camping car... troisième ville d'Australie avec son million et demi d'habitants, elle se bataille surtout le titre de ville la plus agréable d'Australie avec Perth. Je ne peux qu'être partial puisque je n'ai pas vu Perth... mais Brisbane est quand même très bien. Dans l'esprit, Brisbane ressemble beaucoup à Sydney : un centre ville à taille humaine, qui a l'air dépassé par sa croissance : c'est ainsi qu'on trouve de "vieux" bâtiments en grès ou en briques (comprendre des bâtiments d'un siècle) à côté de tours de 30 étages ultra modernes et ultra moches. Euh non, pardon : art-déco. Des travaux partout, des bâtiments en construction dans toutes les rues. Les jardins botaniques, en plein centre ville là aussi, sont très beaux, parfaitement entretenus. Au total, nous découvrons une ville très sympa et qui ne donne pas le sentiment d'être aussi grande qu'elle ne l'est : ça pourrait très bien être une ville de la taille de Nantes. En moins humide, quand même. Même Sophie pourrait habiter là, c'est vous dire. Il faut dire qu'il y a là pléthore de magasins et que Sophie rattrape le temps perdu (ce n'est bien entendu là que mon sentiment : Elle a le sentiment de ne passer que trop vite devant bien trop peu de vitrines). Les enfants apprécient aussi la piscine locale ouverte au public, comme on en a rencontré à Mackay ou à Airlie Beach... Mais la température est bien plus fraiche que là-haut, et ils ne peuvent pas rester bien longtemps dans l'eau... Cairns, où nous avons commencé notre voyage, est effectivement 1700 kilomètres plus au nord (bien que notre compteur kilométrique indique 2 fois plus, avec les détours que nous faisons), et en quittant les régions tropicales, nous atteignons aussi des régions où il fait froid à certaines périodes de l'année... par exemple maintenant. Selon les autochtones, que j'ai amadoués avec un peu de verroterie pour lier connaissance, c'est très temporaire et ça devrait monter très vite. Heureusement, je ne suis pas pressé de mettre un pantalon, et je me suis habitué à conduire avec les tongs, j'aimerais que ça continue !
C'est avec plaisir que je vous aurais ajouté de nouveaux liens vers des photos mémorables, mais le café Internet que nous avons trouvé est lent comme un escargot ramoli... donc ça sera pour une autre fois !
Publié à 05:43, le 19/10/2008, Brisbane Mots clefs : L'ile aux enfantsIl y a des jours où on regrette ce qu'on dit, d'autres où on regrette ce qu'on a écrit. Comme pour se venger de mon dernier article où, bêtement, je me perdais en billevesées sur la chaleur un peu trop oppressante, les nuages sont revenus au grand galop, avec son copain le vent et sa bonne amie la pluie, et avec eux est arrivé un larron supplémentaire : le froid.
Pendant 3 jours, tout n'est que grisaille et pluie autour de nous, c'est la fête à la grenouille. Et c'est une occasion rêvée pour réaliser que le camping car est un environnement tout petit quand on ne peut pas en sortir. Trop petit pour que les enfants puissent s'y ébattre normalement sans nous faire hésiter sur l'intérêt de procréer... Ils ont donc eu droit à des activités particulièrement australiennes : une salle de jeu pour enfants, des cerfs-volants, des dessins animés à la télé... Et quelques heures d'école, puisque jusqu'à ce jour ils n'avaient guère eu l'occasion d'en faire beaucoup. Avec Sophie comme institutrice, en prime... et ils aiment ça, les fous ! Je commence à me poser des questions sur leur santé mentale.
Notre route nous a emmené un peu plus bas vers le sud, en plusieurs étapes : une visite de la ville de Bundaberg, peu citée dans les guides, ce qui ne rend pas honneur à son charme. Très agréable, très australienne aussi : grandes rues très larges bordées de palmiers, rues qui se croisent à la perpendiculaire, des bâtiments à un seul étage, des magasins très dispersés dans toute la ville... Un peu comme toutes les villes que nous avons croisées jusqu'à présent, juste un peu plus agréable. Nous avons particulièrement apprécié la localité voisine de Bargara, en bordure de mer, très cossue avec ses maisons design (enfin ce qu'on fait de plus design dans l'outback australien : avec des baies vitrées, quoi) et son bord de mer très sympa... malgré la pluie.
Puis nous sommes descendus jusqu'à Hervey Bay, ville de bord de mer très vantée par les guides touristiques... On se demande encore où sont les coins sympas qu'il ont pu y trouver... Mais Hervey Bay a deux atouts majeurs qui font qu'on en gardera un souvenir épanoui : les baleines, et l'ile toute proche de Fraser Island. Le coin est en effet un lieu de passage très connu des baleines pendant leurs migrations vers le sud, quand le nord commence à être trop chaud (et vers le nord quand le sud devient trop froid). Nous avons donc commencé par un voyage en bateau pour aller voir ces fameuses baleines. La bonne nouvelle du jour, c'est que le bateau reste dans la baie entre le continent et Fraser Island, donc il n'y a pas de vagues... Les baleines sont bien au rendez-vous, et sont assez impressionnantes, surtout quand elles sautent. Ces sauts resteront des souvenirs personnels, puisque nous avons été incapables de prendre la moindre photo au moment où elles sautaient.... Petite leçon d'humilité au passage, quand le commentateur aborde le côté sexuel des cétacés... tant pour la taille que pour les volumes cités. Plus jamais je ne me prendrai au sérieux à ce sujet... Ni Sophie non plus, j'en ai peur. Heureusement que les enfants ne comprennent pas l'anglais.
Fraser Island, l'ile voisine de Hervey Bay, est un phénomène à elle toute seule : c'est la plus grande ile de sable au monde, sur 120 kilomètre de long (dont une plage qui fait 75 miles en ligne droite !), jusqu'à 25 kilomètre de large, et des collines jusqu'à 250 mètre de haut (à ce niveau là, je n'appelle plus ça des dunes), le sable allant jusqu'à 600 mètres sous le niveau de la mer... Un bien beau château de sable, ma foi. On raconte que l'ile contiendrait à elle seule plus de sable que le désert du Sahara. Je ne sais pas si c'est vrai, mais l'ile vaut le détour. Créée par le sable amené par la mer au cour du temps, elle est maintenant le lieu d'une végétation luxuriante et très fournie. On ne la traverse qu'en 4x4, et par des pistes difficiles à suivre au milieu de la forêt tropicale. Tout y est particulièrement bien préservé, puisque cet écosystème n'a quasiment pas été en contact avec le continent depuis des millénaires. Par exemple, on y trouve les dingos (les chiens sauvages australiens) les plus purs : ils n'ont jamais eu l'occasion de se croiser avec des chiens domestiques des européens, puisque l'ile n'a quasiment pas été habitée par d'autres que des aborigènes. Et, à en croire ce que j'entends, elle ne sera pas non plus habitée par Sophie. Nous sommes à bord d'un bus tout terrain, conduit par un chauffeur qui fait preuve d'une vivacité surprenante pour un homme de sa corpulence (j'ai toujours rêvé de placer ce cliché quelque part...). C'est impressionnant de voir ces forêts qui poussent à même le sable, ces rivières qui n'ont d'autres sources que la nappe phréatique nourrie par les eaux de pluie (Sophie, pas chauvine pour 2 ronds, me fait remarquer « qu'on a les mêmes en Auvergne »... Ben voyons!)... mais rien n'est aussi époustouflant que le survol de l'ile en avion pour lequel nous avons craqué (un petit coucou dans lequel on doit se serrer pour tenir tous les 4 en plus du pilote....) De là haut, c'est fabuleux, les lacs sont superbes, la forêt tropicale immense, et le pilote parle un anglais à couper au couteau qu'on ne comprend pas et qui fait encore plus exotique... Et on comprend mieux pourquoi l'ile est inscrite au patrimoine de l'humanité. Une petite baignade dans un lac d'eau douce, un autre dans une rivière, tout est là pour qu'on passe une journée que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Les photos elles-mêmes ne doivent pas vraiment témoigner de notre émotion, ni de notre fatigue de fin de journée : le bus 4x4, ça secoue. Beaucoup... Nous avons par ailleurs la chance d'avoir ici notre premier jour de beau temps depuis 4 jours, ce qui est d'autant plus agréable.
Nous sommes assez retirés du monde pour ne même pas avoir entendu parler de la crise économique mondiale avant la fin de semaine dernière... Difficile pour nous de nous projeter dans ces considérations douloureuses, alors que nous vivons un rêve éveillé... Mais notre curiosité est piquée au vif, alors nous cherchons à nous renseigner... Difficile de savoir si l'économie australienne est beaucoup touchée par cette crise : les journaux qu'on arrive à lire n'en parlent presque pas, et ceux qu'on n'arrive pas à lire en parlent trop pour qu'on comprenne quoi que ce soit (déjà que j'ai jamais compris une ligne dans « les échos » en France, je ne vois pas pourquoi je comprendrais quoi que ce soit dans son homologue aborigène...).
Nous sommes devenus de vrais rebelles en termes de camping, on pourrait presque tenir la vedette dans un remake de « born to be wild » : plus ça va, moins nous dormons dans des campings, sauf dans les villes où il est trop évident que la police patrouille partout (par exemple, Hervey Bay, où nous sommes en ce moment), ou quand la cassette des toilettes a l'air de se remplir (la jauge étant HS, on fait au nez... dans tous les sens du terme). En fait, c'est à la fois beaucoup plus calme et moins contraignant de dormir hors d'un camping : on n'a pas d'heure pour partir le lendemain matin (sinon c'est 10 heures, rien ne permet de savoir si on sera prêts...). Nous sommes passés maîtres de trouver la rue calme où nous pourrons garer notre camping car sans être dérangés. Ca ne fait que 3 semaines que notre voyage a commencé, et nous avons l'impression que ça fait une éternité : c'est tellement différent de ce que nous avons vécu jusqu'à présent que chaque journée semble contenir autant de souvenirs qu'une semaine de vacances. Et puis nous voyons tous les jours des paysages différents, c'est sympa.
Nous continuons à nous laisser surprendre par les habitudes très australiennes : tous les magasins (ou presque) sont ouverts 7 jours sur 7, à des horaires qui nous paraissent aléatoires : en semaine, les grands magasins ouvrent tard (21h en général), et le week end ils ferment vers 18h. Et les petits magasins ferment en général vers 17h, tous les jours (voire plus tôt le week end)... mais notre plus gros problème est que nous n'avons pas la moindre idée du jour où nous sommes (de toutes façons nous n'avons que des dimanches pour les 4 mois à venir !), donc une fois sur 2 on se retrouve devant des portes fermées... Culinairement, ce qui, à ce jour, nous surprend toujours, c'est le manque de poisson : sauf à aller dans un fish&chips, qui en général sert du poisson pané, impossible d'en trouver : ni dans les magasins, ni au restaurant. C'est incroyable pour un pays qui est totalement entouré d'eau. D'autant plus que beaucoup d'australiens pêchent... C'est peut-être parce qu'ils pêchent tellement qu'ils ne veulent pas en acheter, de poisson, notez... En tous cas, nous qui pensions nous faire des repas de poisson, nous sommes forcés de nous rabattre vers la viande de boeuf la plus tendre que nous ayons jamais vue. Pas particulièrement bon marché, mais quel goût exceptionnel ! D'autant que je commence à devenir un expert du barbecue (à raison de 1 à 2 par jour, c'est normal me direz vous...). Pour les fonctionnaires, les informaticiens et les retraités qui nous lisent (bref, tous ceux qui ont du temps à revendre dans leurs journées), voici quelques liens vers des photos : http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/11102008?authkey=LUrEnb6PNCE http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/13102008?authkey=6oOQvPxlVmk
Publié à 05:41, le 14/10/2008, Hervey Bay Mots clefs : on dirait le sud...Étonnamment, la chaleur nous assomme beaucoup plus depuis 3 jours que depuis le début du voyage. Le "mauvais" temps que nous avons connu pendant quelques jours (tout est relatif, il y avait encore largement de quoi prendre des coups de soleil à faire pâlir d'envie le premier voyagiste chtimi venu), emportant avec lui le vent, les nuages et les quelques averses qui rafraichissaient l'atmosphère. Le bon côté, c'est qu'il fait beau, très beau. Un ciel bleu azur (tout autre bleu pour le ciel serait une contrefaçon), et mer bleue marine (forcément), un soleil jaune soleil, bref tout y est. Le moins bon côté, c'est qu'il n'y a pas d'air et que la chaleur est étouffante. Nous avons du mal à profiter de quoi que ce soit qui ne ressemble pas de près ou de loin à une piscine ou un jet d'eau... et le sommeil est difficile à trouver le soir, un camping-car laissant assez peu de possibilités pour l'aération.
La journée à daydream island a été, comme prévu, paradisiaque. Peu de monde, beaucoup de soleil, une plage, une piscine, et rien à faire d'autre pendant une journée que de profiter de ces installations. Ce dont nous ne nous sommes pas privés. Nous avons même tenté le mini-golf, à une heure qui démontre que nous n'avons que trop vécu à proximité de la Bretagne : treize heures. Nous avons battu en retraite au bout de 5 trous avec la sensation que le soleil allait faire fondre nos balles avant qu'elles n'atteignent le trou. Ce laps de temps a tout de même été suffisant pour permettre à Quentin de découvrir les multiples usages d'un club de golf : massue, marteau, javelot. Finalement, la majeure partie de notre temps s'est écoulé dans la piscine, que nous avions quasiment pour nous, bordée de cocotiers, reposante... et surtout, FRAICHE ! Il est presque rageant de se dire qu'il fait trop chaud, alors que c'est justement la chaleur que nous sommes venus chercher, ici, en Australie... D'autant que, si les présages des vieux sages que nous avons vu sur la chaine météo se vérifient, pour l'instant ce n'est rien. Dans quelques mois ce sera largement pire. On se rassure comme on peut en se disant que nous sommes encore entre les tropiques (le tropique du capricorne passe à Rockhampton, que nous devrions traverser bientôt)...
D'après nos guides de voyage, nous avons fait le tour de ce que peut nous proposer le nord du Queensland : tout tourne ici autour de ce que nous avons déjà vu : la barrière de corail, les iles, des plages, et l'outback avec ses plantations et ses longues routes bordées de rien d'autre que de la steppe. Ou alors il faut rentrer beaucoup plus loin dans les terres pour voir des routes encore plus longues bordées d'encore plus de steppe. Il est temps de se pencher sur la carte... et de réaliser que nous n'avons pour l'instant fait qu'une infime partie de ce que nous avions prévu, alors que nous sommes déjà au quart de notre périple (2 semaines sur 8, déjà...). Pour l'instant, tout est émerveillement, mais nous gardons une préférence particulière pour Cairns, tout au nord et ses plages parfaitement aménagées. Peut-être est-ce lié au fait que ce sont les premières journées que nous avons passées à bord de notre camping car. La décision est prise, nous allons passer à une vitesse supérieure avec le camping car et aller voir un peu ce qui se passe plus au sud, en dessous de la barrière de corail. Je note cependant que Pierre Bachelet avait tout faux : au nord, ce n'était pas les corons, c'était le corail. Une simple faute de frappe, et c'est tout un patacaisse pour pas grand chose... faudra leur dire, aux chtimis... Nous passons encore quelques heures à Airlie Beach, pour profiter d'une attraction locale : un lagon artificiel dans la ville. En fait une piscine peu profonde, gratuite, en pleine ville (village, restons modestes), ouverte à tous, en bord de mer (pour les incultes et les lecteurs de Charlie Hebdo qui nous lisent, je rappelle que les plages sont peu recommandées puisqu'elles sont infestées de méduses d'octobre à avril. Et nous sommes en octobre, justement...). Le lieu est par ailleurs fréquenté par suffisamment d'enfants pour que l'eau soit très chaude...
Nous voici donc partis plus au sud, en direction de MacKay. Pas très loin d'où nous sommes (130 kilomètres à peu près), finalement, mais je préfère rôder le camping car avant de faire des grandes distances (ah bon, ça tient pas, comme argument, quand le camping car a 3 ans ? bon, d'accord, c'est par flemme de faire plus de route). Et puis MacKay est réputé être une ville agréable, sympathique et accueillante. Je confirme tout cela (même si Sophie ne pourrait pas habiter là... je commence à désespérer...). C'est la ville qui nous fait le plus penser à Cairns depuis le début : des grandes avenues, des palmiers partout, aucun bâtiment de plus d'un étage (pourquoi faire ? Il y a tellement de place).... Et nous nous précipitons vers une attraction locale : le lagon artificiel. Tout comme son presque voisin, il y a une de ces piscines gratuites, ouvertes à tous, chaudes, et gardées par des lifeguards version "Alerte à Malibu". A mon grand désespoir, Pamela Anderson est en RTT aujourd'hui, elle est remplacée par un gros moustachu qui fait rêver Sophie avec son grand chapeau rouge et jaune... Néanmoins, le temps est fabuleux et la piscine nous permet d'emmagasiner un peu de fraicheur... quel bonheur !
Nous venons aussi de découvrir une particularité de l'Australie que nous ne pouvons pas imaginer dans notre petit pays... nous sommes en période de changement d'heure pour passer à l'heure d'été (et non d'hiver, bande de zozos frigorifiés que vous êtes). Effectivement, à Sydney, l'heure a changé le week-end dernier... mais pas ici, alors que nous sommes à la même longitude (à une vache près). Oui, les différents états d'Australie n'observent pas tous le même créneau horaire, ni les mêmes façons de s'adapter au soleil (dans le Queensland, pour faire simple, ils ne s'adaptent pas, il n'y a pas d'heure d'été et d'heure d'hiver, c'est pour les tapettes).
La journée qui suit n'est pas folichonne : 7 heures de routes, pour descendre un peu plus. Une évidence s'impose à nous : si les guides de voyage ne parlent pas de ce qu'il y a entre Mackay et Rockhampton, pourtant 400 km plus au sud... c'est qu'il n'y a rien. La route est plutôt bonne (c'est une highway, qu'on peut comparer à une nationale française), le seul problème c'est qu'elle est d'une monotonie terrible. A la fin de la journée, entre la route et le bruit du moteur, j'ai l'impression d'avoir fait Maubeuge-Vezoul en Renault 4, par la nationale. La route est bordée d'une prairie d'herbes jaunes et hautes, parsemée d'arbres tous les 5 à 10 mètres (des eucalyptus, si j'en crois les panneaux qui indiquent qu'il y a des koalas sauvages sur les 100 prochains kilomètres)... sur une plaine immense, cela sur 500 kilomètres. La plus grande agglomération que nous avons croisée sur cette route était composée d'une station service (multi-service, comme on en voit beaucoup ici : fast-food, essence, cirage pour les chaussures), et de rien d'autre. Autour de Rockhampton, les arbres sont plus clairsemés, ils ont été arrachés pour faire des prairies d'élevage : « Rocky » est la capitale du boeuf en Australie, avec ses quelques 2 millions de bovins dans un rayon de 250 kilomètres. Effectivement, le steak que nous y avons acheté était exceptionnel... Mais ça ne motive pas Sophie à habiter là pour autant...
Nous ne devons pas être les seuls à trouver la route monotone et morne, si j'en crois les panneaux qui bordent la route et qui incitent les conducteurs à se reposer régulièrement, au ton particulièrement engageant : « tired drivers die » (les conducteurs fatigués meurent), « rest or R.I.P. » (reposez-vous ou mourrez), « survive this drive » (survivez à ce voyage), etc. On est loin des méthodes coercitives qui ont tant fait parler les français il y a quelques années... Finalement, il n'y a que les enfants qui ne souffrent pas de la distance, grâce à la télé de bord que nous ont offert les copains et les cousins la veille de notre départ : nous venons de l'acheter, un chouette lecteur de DVD portable avec un écran de 12 pouces, qui fait même télé, et qui marche sur l'allume-cigare. Que demander de mieux ? Merci les copains, merci les cousins...
Quoiqu'il en soit, la route nous amène enfin, au bout de 7 heures de route, à 2 villes voisines réputées être des centres balnéaires touristiques importants pour les Australiens : Agnes Water et Town of 1770. Effectivement, nous retrouvons une âme proche de celle, si particulière, de Valras-Plage, en un peu moins bétonné, mais ça ne devrait pas tarder si j'en crois les chantiers en cours... La plage est belle, mais le temps a beaucoup changé pendant le voyage, et ici il y a de nouveau du vent et des nuages... donc il fait frais... et on ne peut pas vraiment profiter de la plage (je me refuse à mettre une laine polaire sur la plage en Australie. D'ailleurs j'ai laissé ma laine polaire en Bretagne. Na.).
Nous pensons continuer à descendre un peu plus bas rapidement, en direction de Fraser Island, une immense ile de sable, connue, entre autres, pour être un point parfait pour aller voir les baleines, en pleine migration, pas très loin des côtes... Publié à 05:38, le 10/10/2008, Bundaberg Mots clefs : les dents de la merPour nous reposer des journées difficiles que nous venons de passer (si monsieur, 200 kilomètres en une journée, ça fait une journée difficile... en tous cas dans notre référentiel actuel), nous décidons de nous poser dans un camping 4 étoiles et demi (le premier qui me demande à quoi correspond la demi étoile, je réponds que la curiosité est un bien vilain défaut, tout comme mettre ses doigts dans son nez. Est-ce que je mets mes doigts dans mon nez, moi ?).
On se demande pourquoi ils mettent autant d'activité dans ces campings (vélo, salle de télé, billard, etc.) : chez nous, les enfants ne vont que dans la piscine. Et quand ils en ont marre, ils vont faire du toboggan qui tombe dans la piscine. Au moins, on pourra dire qu'ils ont apprécié, et nous y gagnons une soirée reposante.
Nous décidons de nous battre contre nos démons : il est temps de reprendre le bateau. Oui, madame, un vrai bateau qui va sur l'eau et qui bouge pour de vrai. Etre au bord de l'archipel le plus renommé d'Australie et ne pas en profiter, ça serait dommage. Nous préparons donc plusieurs voyages d'une journée : une visite de quelques iles, un nouveau voyage sur la barrière de corail, et une journée entière sur une ile (à mi chemin entre Koh-Lanta, L'ile de la tentation et récré A2). Le premier voyage est réservé pour une croisière sur les iles. Premier constat : il n'y a pas de vagues, et le bateau est plus grand et plus stable. Nous devrions donc passer une bonne journée. Las... La journée n'est pas bonne : elle est paradisiaque. La première ile nous permet de faire joujou avec des masques et des tubas pour observer des poissons de toutes les couleurs, qui nous rabibochent avec la faune sous-marine. C'est beau, c'est même très beau. Et les enfants adorent, même Quentin, qui, pourtant, refuse de mettre un masque et un tuba, et qui, du coup, ne voit que de l'eau (tant qu'il aime, on ne va pas le contrarier). La seconde ile est... unique. D'ailleurs elle s'appelle Whitsunday Island. C'est l'ile principale de l'archipel. C'est là que se trouve la "mythique" plage de Whitehaven beach. Je pense pouvoir dire sans trop risquer de me tromper que c'est la plus belle plage que j'aie vu de ma vie. Le sable est BLANC, et crisse sous les pieds tant il est fin. Les enfants ont le sentiment de marcher sur de la farine. Les premiers mètres de l'eau sont VERTS, à la limite du turquoise. Puis la mer est BLEUE, d'un bleu profond, façon carte postale. Les touristes sont ROUGES parce qu'ils n'ont pas mis de crème et que le soleil tape très dur. Et Sophie est MULTICOLORE, puisqu'on ne voit d'elle que son paréo, elle s'est cachée dessous pour ne pas prendre de coups de soleil. Je pense que c'est de cette stature unique que les stylistes talibans se sont inspirés pour leurs vêtements féminins si renommés. C'est tellement beau que Sophie en oublie même de me dire qu'elle ne pourrait pas habiter là. La troisième ile est celle-là même où nous allons revenir 2 jours plus tard pour la journée. Et les quelques heures que nous y passons nous font saliver à l'avance : piscine sympa, bordée de palmiers, sports d'eau, beaucoup de soleil (et d'ombre pour permettre à Sophie de sortir au moins le bout de son nez), des aquariums pour poissons de la barrière de corail (requins, raies, etc.). Bref, un paradis pour riche à portée de bourse du peuple. Tout se perd... Pour ceux qui voudraient y aller, la croisière est à bord du bateau "Voyager".
La deuxième journée est réservée à la barrière de corail, mais cette fois ci avec une vraie compagnie. Là encore, la situation ne laisse pas la place au doute : quand on part avec des vrais, ça se passe tout de suite mieux. Déjà, avec eux, il fait beau. C'est bien la preuve qu'ils sont meilleurs. Plus sérieusement, nous sommes impressionnés par la qualité de la prestation (nom de la compagnie, pour ceux qui voudraient y retourner : Cruise Whitsundays). Le bateau (après 3 heures de voyage sans être malade, même pas mal) accoste un ponton arimé à un récif corallien, et on y reste 4 heures, à profiter pleinement du récif de toutes les manières qu'on puisse imaginer. Cerise sur le Mac Do, les plongeurs certifiés qui font une plongée sont les premiers à entrer dans l'eau (pour voir tous les poissons avant qu'ils ne meurent d'une indigestion avec les morceaux de crackers au fromage que leur lancent les touristes depuis le ponton...). Or, il n'y a qu'un plongeur certifié qui veuille faire une plongée : moi. Et la plongée est vraiment sympa : requin (un qui mange pas les hommes, maman, rassure toi), raies, poissons clowns, etc... et même un mérou (dont la peau a bien des caractéristiques intéressantes) que j'ai pu carresser. Puis nous profitons des multiples activités proposées par le ponton : palmes et tuba, bien sur, observatoire sous-marin, et, surtout : un toboggan qui tombe dans la mer ! Belle journée, beau récif... je reviens sur mes positions précédentes : finalement, la barrière de corail, c'est vraiment beau. Ce n'est pas pas hasard que c'est une des 7 merveilles du monde. Enfin je crois.
Demain sera la journée repos dans une île... Ca devrait valloir son pesant de cacahuètes.
Côté vie, nous decouvrons de nouvelles choses tous les jours. Sophie s'émerveille de la mode vestimentaire masculine : la majorité des garçons sont torse nu à longueur de journée, elle en a même vu avec les poils du slip qui dépasse, façon Christian Clavier dans les Bronzés. Succès garanti. Notons qu'en plus d'être torses nus, ils sont sportifs, ce qui ne me met pas à mon avantage. Nous avons changé de camping pour prendre un camping pour routard, moins cher... et forcément plus prisé des jeunes fêtards... qui ont fait la fête la nuit dernière jusqu'à ce que notre réveil sonne ce matin. Une vraie fête australienne, avec musique à fond à 4 heures du matin, cris de filles hystériques, moteurs surgonflés qui ronflent... et la police qui vient les arrêter à 7 heures du matin. En ce qui nous concerne, tant que les enfants dorment, on considère que ça fait partie des aléas du camping...
Et puis, enfin, le dicton du jour : jeu de mains, jeu de vilains. En jouant avec Hugo ce soir, mon doigt a tapé contre sa dent qui bougeait, paf la dent. Compte tenu de mon passé dentaire difficile, je me demande si un psychanaliste n'y trouverait pas quelque chose à y redire... Lui, il s'en fiche, la petite souris va passer. Je lui ai proposé de mettre une tapette, il n'a pas voulu. Pourtant, c'est plein de vitamines, les souris.
Enfin, pour ceux qui ont du temps, les photos :
http://picasaweb.google.fr/xaviersimon0/03102008?authkey=xmNHAVc-vC4
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